Aigle Aquila - Aql
- Observation optimale : Juillet-Août
- Zone de visibilité : 78° N / 71° S
- Rang de taille : 22
- Étoile la plus lumineuse : Altaïr (α)
L'Aigle est l'une des 48 constellations décrites par Ptolémée (entre 87 et 100-vers 170) et déjà mentionnée par le poète grec Aratus trois siècles avant notre ère. Pratiquement toutes les mythologies ont vu dans cette région du ciel un oiseau plongeant en direction du sud-ouest. Pour les Grecs, il était l'aigle en lequel Jupiter se transforma pour enlever Ganymède afin de l'amener dans l'Olympe. Les Arabes y virent également un « aigle volant » : Al Nasr al Taïr, qui donne son nom à l'étoile principale de la constellation, soit Altaïr. C'est une constellation placée sur l'équateur céleste. Bien qu'étant également située en bordure de la Voie lactée, elle contient peu d'objets véritablement dignes d'intérêt tout en restant facilement repérable. Son étoile α (alpha) forme, avec Deneb et Véga, l'astérisme du « Triangle de l'été ». Le sud de cette région recevait autrefois la constellation d'Antinoüs, jeune esclave qui se sacrifia pour l'empereur Hadrien en l'an 131. Après dix-sept siècles d'existence, elle ne fut pas reprise mais intégrée à l'Aigle par Friedrich Wilhelm August Argelander (1799-1875) dans son Uranometria Nova. C'est cet ouvrage qui a servi de base pour la nomenclature définitive décidée et normalisée en 1930 par l'Union Astronomique Internationale.
Quelques objets intéressants
α Aquilae - Altaïr
| Étoile | Distance : 16,73 a.l. ± 0,05 | |
| A.D. : 19h 50m 46,99s (J2000) | Dec. : +08° 52′ 05,9" (J2000) | Magnitude : 0,76 ± 0,07 |
Son nom dérive du nom arabe de la constellation : Al Nasr al Taïr signifiant « l'aigle volant ». Une autre étoile, de magnitude 9,6, lui semble associée mais elle n'est vue proche que par un effet de perspective. Altaïr a un diamètre double de celui de notre Soleil, pour une luminosité dix fois supérieure. L'élargissement des raies de son spectre avait très tôt permis d'établir qu'elle possède une rotation extrêmement rapide : entre 6 et 10 heures (le Soleil met 24 jours aux pôles, 32 jours à l'équateur). L'étoile se trouve donc fortement aplatie aux pôles et renflée à l'équateur. En 1924, un des pionniers des théories de la structure stellaire, l'astronome suédois Edvard Hugo von Zeipel (1873-1959), avait prédit que dans le cas d'une étoile en rotation, son équateur serait moins brillant que ses pôles. La distance que doit parcourir la lumière, produite au cœur de l'étoile, doit couvrir une trajectoire plus longe pour rejoindre l'équateur et subit une plus forte absorption en traversant les différentes couches de l'étoile. C'est ce qui a été confirmé en 2007, par l'interféromètre de l'observatoire du Mont Wilson en Californie, l'image obtenue montre une étoile bleutée fortement oblongue… mais l'assombrissement est nettement supérieur à ce que prédit la théorie. Le signal — enregistré par 4 des 6 télescopes de 1 mètre de diamètre couvrant une base allant jusqu'à 330 mètres utilisés par les chercheurs de CHARA (Center for High Angular Resolution Astronomy) — a été combiné et traité par ordinateur pour fournir des images équivalentes à celles d'un télescope 100 fois plus puissant que Hubble.