Sagittaire Sagittarius - Sgr

  • Observation optimale : Juillet-Août
  • Zone de visibilité : 44° N / 90° S
  • Rang de taille : 15
  • Étoile la plus lumineuse : Epsilon (ε)

Le Sagittaire est une constellation de l'hémisphère Sud, elle est donc toujours basse sur l'horizon vue depuis la France. L'archer qu'elle représente nous donne la direction du centre de notre Galaxie : la Voie lactée. Pour cette raison, elle ne contient pas moins d'une quinzaine d'objets répertoriés dans le catalogue Messier. La tradition anglo-saxonne préfère la distinguer sous la forme d'une théière… accompagnée d'une cuillère dont la forme est suggérée par les étoiles ρ (rho), π (pi), ο (omicron) et ξ (xi).

Quelques objets intéressants

M 8 - NGC 6523 - Nébuleuse de la Lagune

Nébuleuse à émission Dimension : 90' × 40' Distance : 5 200 a.l.
A.D. : 18h 03m 42,01s (J2000) Dec. : −24° 22' 48,0" (J2000) Magnitude : 6
M 8
M 8

La découverte de la nébuleuse de la Lagune (NGC 6523), également appelée nébuleuse du Lagon, revient à Guillaume Le Gentil de La Galaisière (1725-1792) qui l'observa pour la première fois en 1747. L'amas ouvert NGC 6530 qui lui est associé procure l'énergie nécessaire à sa luminescence et fut déjà observé par John Flamsteed (1646-1719) en 1680. C'est l'amas que Charles Messier (1730-1817) intégra dans son catalogue le 23 mai 1764, mais l'objet considéré de nos jours comme étant Messier 8 est bien la nébuleuse. Quelques « globules de Bok » (condensations sombres évoluant vers le stade de protoétoiles) y ont été repérés. M 8 est également une source d'émission radio. À la limite de la perception à l'œil nu sur un ciel exempt de pollution lumineuse, la nébuleuse est à rechercher à 6° au nord de l'étoile γ (gamma) qui forme le « bec verseur » de la théière. Il faut un télescope de 100 mm pour parvenir à distinguer le « canal » sombre qui semble diviser la nébuleuse en deux et lui donne son nom commun.

M 17 - NGC 6618 - Nébuleuse Oméga

Amas ouvert - III 3 m (n) Dimension : 20' × 15' Distance : 6 800 a.l.
A.D. : 18h 20m 47,06s (J2000) Dec. : −16° 10' 18,0" (J2000) Magnitude  : env. 6
M 17
M 17 (ESO/VVVX survey)

Lorsque Charles Messier (1730-1817) l'observa le 3 juin 1764 cette « trainée de lumière sans étoiles », suivant sa propre description, il ne se doutait pas qu'il avait été encore devancé par le suisse Jean Philippe Loys de Chéseaux (1718-1751) en 1746. Il est vrai que ce dernier n'avait annoncé cette trouvaille que dans une lettre adressée à son grand-père et lue à l'académie des sciences de Paris, elle ne fut cependant jamais diffusée. D'une masse estimée à 800 soleils, la plus grande extension de ce vaste complexe gazeux semble s'étendre jusqu'à 40 années-lumière. Il pourrait être associé au même nuage interstellaire formant M 16, les deux objets étant vus dans un même axe de direction et situés à des distances proches. Sa vague forme en fer à cheval lui a valu le nom de Horseshoe Nebula ou « nébuleuse Oméga » (Ω). L'exubérant Camille Flammarion (1842-1925) y discerna plutôt la silhouette d'un cygne ou d'un « nuage de fumée balayé par le vent ». À la limite de la perception à l'œil nu, Messier 17 est repérable aux jumelles à un peu plus de 2° au sud-ouest de l'étoile γ Scuti.

M 18 - NGC 6613

Amas ouvert - II 3 p (n) Dimension : Ø 10' Distance : 4 100 a.l.
A.D. : 18h 19m 58,10s (J2000) Dec. : −17° 06' 06,1" (J2000) Magnitude : 6,90 ± 0,10
M 18
M 18

Amas ouvert, assez pauvre en étoiles et peu dense, répertorié par Charles Messier (1730-1817) le 3 juin 1764. L'amas est relativement jeune : une trentaine de millions d'années. Sa magnitude absolue est de −5, pour une luminosité globale estimée à 8 300 soleils, il est contenu dans un volume d'environ 17 années-lumière. Situé à mi-chemin de Messier 17 et Messier 24, une dizaine d'étoiles formant Messier 18 sont observables aux jumelles.

M 20 - NGC 6514 - Nébuleuse Trifide

Nébuleuse à émission Dimension : 20' × 20' Distance : 6 700 a.l.
A.D. : 18h 02m 31,45s (J2000) Dec. : −22° 59' 58,0" (J2000) Magnitude  : 9
M 20
M 20

La première description écrite de cette nébuleuse est celle de Charles Messier (1730-1817) en 1764, mais il est plus que probable que Guillaume Le Gentil de La Galaisière (1725-1792) l'observa dès 1747. C'est sir John Herschel (1738-1822) qui sera le premier à l'étudier avec attention depuis le cap de Bonne Espérance. C'est également lui qui emploiera le terme de « trifide » pour désigner l'aspect que prend la nébuleuse dans un grand télescope : trois sillons obscurs, concentrations de poussière et de gaz froids se projetant du centre vers le bord, semblent la découper en trois parties pratiquement égales. Camille Flammarion (1842-1925) fit par la suite la même observation et officialisa cette appellation. Les meilleures photographies ont depuis montrées qu'il y en avait quatre. La Trifide est une nébuleuse à émission dont le gaz, essentiellement composé d'hydrogène, est ionisé (généralement visible en rouge sur les photographies ; ces régions sont dites HII) par le rayonnement ultraviolet des étoiles qu'elle contient. Une autre nébuleuse, autour de l'étoile HD 164 514 située juste au nord, émet principalement dans le bleu. La distance de la nébuleuse reste incertaine, les valeurs rencontrées vont de 2 200 à 9 000 années-lumière. La même incertitude demeure à propos de la magnitude, certaines estimations donnent une valeur inférieure à 7, d'autres sont plus proches de 9. La difficulté de cette estimation réside essentiellement en la présence d'un triplet d'étoiles au sein de la nébuleuse. La composante principale, immatriculée SAO 186145, est de magnitude 7,5.

M 21 - NGC 6531

Amas ouvert - I 3 r Dimension : Ø 13' Distance : 4 000 a.l.
A.D. : 18h 04m 13,25s (J2000) Dec. : −22° 29' 25,2" (J2000) Magnitude : 5,90 ± 0,10
M 21
M 21

Amas ouvert découvert par Charles Messier (1730-1817) le 5 juin 1764, lors d'une observation de la nébuleuse Trifide. D'une dimension réelle de 20 années-lumière, sa magnitude absolue est de −5,9, soit l'équivalent de la lumière émise par 20 000 soleils.

M 22 - NGC 6656

Amas globulaire - VII Dimension : Ø 24' Distance : 10 000 a.l.
A.D. : 18h 36m 24,19s (J2000) Dec. : −23° 54' 12,1" (J2000) Magnitude : 5,20 ± 0,10
M 22
M 22

La découverte de M 22 est souvent attribuée à l'astronome polonais Johannes Hewel (ou Johan Hœvelke, dit Hévélius, 1611-1687) qui l'aurait observé vers 1660, mais Charles Messier (1730-1817) lui-même en attribue la paternité à l'allemand Johann Abraham Ihle (1627-vers 1699) en 1665. Il fait partie des amas globulaires les plus faciles à observer, juste derrière Oméga du Centaure et 47 Toucan (visibles que depuis l'hémisphère Sud) et devançant notre « amas d'Hercule » (M 13). Il se rapproche à 145 km·s−1 et le nombre de ses étoiles est estimé à 500 000. L'amas Messier 22 est à retrouver à un peu plus de 2° au nord-est de l'étoile λ (lambda) — celle qui forme la pointe du « couvercle de la théière » — soit environ le tiers de la distance en direction de l'étoile ξ (xi).

M 23 - NGC 6494

Amas ouvert - II 2 r Dimension : Ø 27' Distance : 2 100 a.l.
A.D. : 17h 57m 04,35s (J2000) Dec. : −18° 59' 03,5" (J2000) Magnitude : 5,50 ± 0,10
M 23
M 23

Une découverte de Charles Messier (1730-1817) le 20 juin 1764. Avec une magnitude absolue de −4,7, la luminosité globale de l'amas vaut 6 300 soleils ; son âge est estimé à 300 millions d'années.

M 24 - (NGC 6603) - Petit Nuage du Sagittaire

Nuage stellaire Dimension : 95' × 35' Distance : ≈ 12 000 a.l.
A.D. : 18h 18m 24,02s (J2000) Dec. : −18° 24' 24,0" (J2000) Magnitude : 11,10 ± 0,10
M 24
M 24

M 24 n'est pas un objet physique réel, il n'est qu'une portion plus lumineuse de la Voie lactée. La volonté d'octroyer un nom à chaque première observation conduit à lui allouer celui de Charles Messier (1730-1817). Il aurait déterminé la position de cette « nébuleuse », facilement discernable à l'œil nu, le 20  juin 1764. Il est évident qu'elle a été remarquée par plus d'un observateur par le passé. Sur son carnet de notes il lui donna un diamètre de 1° 30'. Cette mesure ne fut pas prise en considération par les observateurs suivants qui se méprirent tous sur la nature de l'observation de Messier. Sir John Herschel (1738-1822), William Parsons (lord Oxmantown, comte de Ross, 1800-1867), Camille Flammarion (1842-1925) et bien d'autres, tous confondirent M 24 avec l'amas ouvert NGC 6603 qui se trouve en sa partie Nord. Deux petites nébuleuses en absorption (le plan équatorial de notre galaxie est truffé d'objets de cette nature) viennent se superposer à l'ensemble. Elles portent les numéros 92 et 93 dans le catalogue de Barnard.

M 25 - IC 4725

Amas ouvert - I 3 m Dimension : Ø 32' Distance : 2 000 a.l.
A.D. : 18h 31m 48,00s (J2000) Dec. : −19° 06' 48,0" (J2000) Magnitude : 4,60 ± 0,10
M 25
M 25

Amas ouvert découvert, en même temps que M 16 et M 17, par le suisse Jean Philippe Loys de Chéseaux (1718-1751) en 1746. Il sera retrouvé par Charles Messier (1730-1817) en 1764. Curieusement cet objet, pourtant discernable à l'œil nu, sera négligé par les observateurs suivants. Il faudra attendre que Julius Johann Friedrich Schmidt (1825-1884) (re)découvre l'amas en 1866 pour qu'il soit intégré dans l'Index Catalogue en 1908 sous la référence IC 4725. Fait rarissime pour ce type d'objet, il contient une céphéide : U Sgr qui varie de la magnitude 6,3 à 7,1 en 6,7 jours.

M 28 - NGC 6626

Amas globulaire - IV Dimension : Ø 11,2' Distance : 19 000 a.l.
A.D. : 18h 24m 32,92s (J2000) Dec. : −24° 52' 11,6" (J2000) Magnitude : 6,90 ± 0,10
M 28
M 28

Amas globulaire découvert par Charles Messier (1730-1817) le 26 juillet 1764. Repérable dans des jumelles 10×50, il faut une ouverture minimum de 100 mm pour commencer à le résoudre. Un pulsar, une étoile à neutron tournant sur elle-même 327 fois par seconde, y fut découvert en 1987.

M 54 - NGC 6715

Amas globulaire - III Dimension : Ø 9,1' Distance : 87 400 a.l.
A.D. : 18h 55m 03,30s (J2000) Dec. : −30° 28' 42,4" (J2000) Magnitude : 7,70 ± 0,10
M 54
M 54

Amas globulaire observé par Charles Messier (1730-1817) le 24 juillet 1778, sans toutefois parvenir à le résoudre. Cet amas appartient à la galaxie naine du Sagittaire (découverte en 1994, elle est désignée sous l'appellation SagDEG, pour « Sagittarius Dwarf Elliptical Galaxy »), une galaxie satellite de notre Voie lactée qui est en train de la « phagocyter ».

M 55 - NGC 6809

Amas globulaire - XI Dimension : Ø 19,0' Distance : 17 000 a.l.
A.D. : 19h 39m 59,37s (J2000) Dec. : −30° 57' 43,4" (J2000) Magnitude : 6,30 ± 0,10
M 55
M 55

Découvert par l'abbé Nicolas-Louis de Lacaille (1713-1762), en 1751. Il ne sera redécouvert par Charles Messier (1730-1817) que le 24 juillet 1778. Visible bas sur l'horizon depuis une latitude moyenne de 45° Nord (sa déclinaison est de −31°), M 55 n'est cependant pas à négliger et reste l'un des amas globulaires les plus faciles à résoudre en étoiles. Pour avoir une chance de l'observer, il faut privilégier son passage au méridien, la culmination la plus favorable se situant entre mi-août et mi-septembre. Situé dans une zone dépourvue d'étoile repère nettement visible, le repérage de l'amas est assez délicat et une carte précise de la zone sera une aide nécessaire.

M 69 - NGC 6637

Amas globulaire - V Dimension : Ø 7,1' Distance : 33 000 a.l.
A.D. : 18h 31m 23,18s (J2000) Dec. : −32° 20' 53,3" (J2000) Magnitude : 8,31
M 69
M 69

Amas globulaire découvert depuis le Cap de Bonne Espérance par Nicolas de Lacaille (1713-1762) en 1752 et observé par Charles Messier (1730-1817) le 31 août 1780.

M 70 - NGC 6681

Amas globulaire - V Dimension : Ø 7,8' Distance : 34 000 a.l.
A.D. : 18h 43m 12,66s (J2000) Dec. : −32° 17' 31,2" (J2000) Magnitude : 7,80 ± 0,10
M 70
M 70

Une découverte de Charles Messier (1730-1817) le 31 août 1780, alors que l'objet ne « culmine » qu'à moins de 10 degrés au dessus de l'horizon de Paris. Il parvint même à y discerner quelques détails.

M 75 - NGC 6864

Amas globulaire - I Dimension : Ø 6' Distance : 67 500 a.l.
A.D. : 20h 06m 04,79s (J2000) Dec. : −21° 55' 18,7" (J2000) Magnitude : 8,60 ± 0,10
M 75
M 75

Amas globulaire découvert par Charles Messier (1730-1817) nota pourtant, le 18 octobre suivant, à propos de son observation de M 75 : « composée que de très petites étoiles, contenant de la nébulosité ». Comme son homologue M 55, M 75 est situé dans une zone manquant de jalon aisément visible et l'emploi d'une carte détaillée sera encore une fois d'une aide précieuse.