Petite Ourse Ursa Minor - UMi

  • Observation optimale : Mai-Juillet
  • Zone de visibilité : 90° N / 0°
  • Rang de taille : 56
  • Étoile la plus lumineuse : Polaris (α)

Cette réplique miniature et inversée de sa « grande sœur », la constellation circumpolaire de la Petite Ourse est l'une des plus connues en raison de sa position proche du pôle céleste Nord. C'est l'une des 48 constellations répertoriées par Ptolémée (entre 87 et 100-vers 170) dont le découpage a été retenu et officialisé par l'Union Astronomique Internationale en 1930.

La paternité de cette figure céleste semble revenir à Thales de Milet (−624 à −546) qui l'aurait suggérée comme aide à la navigation aux Grecs qui se repéraient jusqu'alors par Ursa Major. Il ne semble pas que cette similitude de forme ait été remarquée auparavant. Ursa Minor est plus connue aux États-Unis sous le nom de Little Dipper, ses sept étoiles les plus brillantes dessinant la forme d'une louche (ou d'une cuillère). À cette place trônait autrefois un chien, antécédent fâcheux pour notre Petite Ourse qui se voit ainsi aujourd'hui affublée d'une queue longue et relevée. Son principal intérêt (l'unique ?) est de permettre le repérage du pôle céleste Nord avec une relative précision.

Quelques objets intéressants

α Ursae Minoris - Polaris

Étoile multiple Séparation : A-B : 18,4" Distance : 378 a.l. ± 55
A.D. : 02h 31m 49,09s (J2000) Dec. : +89° 15' 50,8" (J2000) Magnitude : A-B : 1,98 et 8,7

Appelée Alrouk-kabah (Alruccabah, le Guide), ou al Rukbat (le Genou) suivant les versions, par les Arabes et Dubhe (comme α UMa) par les Phéniciens, elle prit la « distinction » de Stella Polaris vers l'an mil, mais l'appellation « Étoile polaire » ne reste qu'un surnom. La tradition grecque l'avait nommée Cynosura (la queue du chien).

Carte repérage de l'étoile polaire

Pour localiser la Petite Ourse, et en particulier l'étoile polaire, il est possible de la retrouver en prolongeant d'environ cinq fois la distance séparant les étoiles (bien plus lumineuses) Merak et Dubhe de la Grande Ourse.
Elle nous paraît immobile sur la voûte céleste en raison de sa proximité avec la projection de l'axe de rotation terrestre. En réalité, elle est située à 44' du pôle céleste vrai, soit plus d'une fois et demi le diamètre de la Lune. En raison du mouvement de précession, elle continuera à se rapprocher de cette position jusqu'en février 2102, avec une déclinaison maximale de +89° 32' 23". L'écart ne sera alors plus que de 27' 31", soit un peu moins que le diamètre apparent de la Lune.

C'est une étoile triple, la séparation du couple principal est d'environ 18" ; le compagnon — découvert par William Herschel (1738-1822) en août 1779 — reste assez difficile à observer en raison de la différence de luminosité. La troisième composante ne peut être décelée que par des méthodes spectroscopiques. L'étoile polaire est également classée comme céphéide. Observée de manière fiable depuis 1899, l'amplitude de sa variablité a commencé à diminuer, lentement d'abord, puis de plus en plus rapidement jusqu'en 1994 où il est apparu que son éclat restait stable. Les dernières mesures tendent à démontrer une nouvelle reprise du cycle de variation sans qu'aucune explication n'ait pu être trouvée à ces différents changements. La principale est une supergéante de 5,4 M⊙ et de type spectral F7 I, l'étoile secondaire est une étoile de la séquence principale de 1,39 M⊙ et de classe spectrale F6 V.

Filé d'étoiles autour de Polaris
Filé d'étoiles autour de Polaris