Chiens de chasse Canes Venatici - CVn

  • Observation optimale : Avril-Mai
  • Zone de visibilité : 90° N / 37° S
  • Rang de taille : 38
  • Étoile la plus lumineuse : Cor Caroli (α)

Cette zone céleste est dépourvue d'étoiles lumineuses. L'astronome grec Ptolémée (entre 87 et 100-vers 170) les a figurées sous la constellation de la Grande Ourse dans son célèbre Almageste. Au fil des traductions du grec vers l'arabe, le bâton du personnage figurant le Bouvier (conducteur de bœufs) de la constellation voisine s'est transformé en « lance avec un crochet ». Une nouvelle traduction en latin de Gérard de Crémone aurait confondu le terme kullāb (lance) avec celui de kilāb (chiens). En 1533, l'astronome et cartographe allemand Peter von Bennewitz (Peter Apian ou Petrus Apanius, 1495-1552) décrit le Bouvier accompagné de deux chiens. En 1660, l'astronome polonais Johannes Hewel (ou Johan Hœvelke, dit Hévélius, 1611-1687) s'en inspira pour y placer deux lévriers pourchassant la Grande Ourse. Ils répondent aujourd'hui aux noms de Chara (joie) et Asterion (étoilé). Cette constellation abrite La Superba, l'une des étoiles carbonnées les plus accessibles ainsi que la superbe « galaxie du Tourbillon », la première galaxie dont la nature spirale a été discernée.

Quelques objets intéressants

M 3 - NGC 5272

Amas globulaire - VI Dimension : Ø 16,2' Distance : 34 000 a.l.
A.D. : 13h 42m 11,21s (J2000) Dec. : +28° 22' 32,1" (J2000) Magnitude : 6,30 ± 0,10
M 3
M 3

Observé par Charles Messier (1730-1817) le 3 mai 1764, il ne sera résolu en étoiles que vers 1784 par William Herschel (1738-1822). Très concentré en son centre, la moitié de sa masse est contenue dans un volume sphérique de 22 années-lumière de diamètre, pour un diamètre réel estimé à 760 années-lumière. Cet amas globulaire, l'un des plus étudiés, contient un grand nombre d'étoiles variables, la plupart sont du type RR Lyræ (on en dénombre plus de 200) difficilement accessibles aux amateurs (magnitude 15 à 16). Messier 3 contient également un nombre important d'étoiles bleues (appelées blue stragglers, ou « trainardes bleues »), découvertes par Allan Rex Sandage (1926-2010) en 1953, et qui semblent donc bien plus jeunes que la majorité de celles composant l'amas. L'explication qui prévaut actuellement serait que les couches les plus superficielles de ces étoiles — donc les plus froides — seraient arrachées par interaction gravitationnelle lors de passages répétés dans les régions centrales les plus denses. Les mouvements propres des composantes ont également été mesurés, ce qui a permis d'établir la distance de ce grumeau composé d'un demi-million d'étoiles avec une relative certitude, il se rapproche à raison de 147,6 km·s−1.
À la limite de la détection à l'œil nu, mais facilement repérable aux jumelles, l'amas globulaire est à rechercher à mi-chemin entre l'étoile α (alpha) de la constellation et Arcturus, l'étoile α (alpha) du Bouvier. Il est également possible de pointer dans un premier temps l'étoile β (bêta) de la Chevelure de Bérénice et de se déplacer de 30' en ascension droite vers l'Est. Messier 3 reste difficile à résoudre en sa partie centrale, il faut des ouvertures supérieures à 100 mm pour commencer à distinguer individuellement ses étoiles les plus externes.

M 51 - NGC 5194 - Galaxie du Tourbillon

Galaxie - SABb pec Dimension : 6,4' × 4,6' Distance : 27 × 106 a.l.
A.D. : 13h 29m 52,71s (J2000) Dec. : +47° 11' 42,7" (J2000) Magnitude : 10,72 ± 2,58
M 51
M 51

Cette galaxie fut repérée par Charles Messier (1730-1817) le 13 octobre 1773 alors qu'il recherchait une comète dans cette région du ciel. Sa première approche ne lui fit voir qu'une nébuleuse de plus, c'est Pierre Méchain (1744-1804) qui observera sa nature « double » en 1781.
Au début de l'année 1845, William Parsons (lord Oxmantown comte de Ross, 1800-1867), à l'aide de son télescope géant au miroir en acier poli, parvint à deviner sa structure en spirale. La notion de mouvement qu'elle dégage lui suggéra qu'elle devait également être soumise aux lois de la dynamique, une idée neuve pour l'époque.
En 1860, le révérend anglais Thomas William Webb (1807-1885), avec un télescope de seulement 25 cm équipé d'un miroir argenté plus réfléchissant, fut le premier à distinguer le « pont » de matière semblant relier les deux galaxies.
Suivant les études les plus récentes, la plus petite (NGC 5195) est située bien en arrière de M 51 et le bras qui semble les raccorder n'est qu'un simple effet de projection bien que sa formation résulte des forces de marées engendrées lors d'un passage rapproché du couple.

Une supernova a été observée le 2 avril 1994 près du noyau de M 51, une autre dans les bras spiraux le 27 juin 2005, ainsi que le 31 mai 2011 (magnitude 13). Bien qu'appartenant à la constellation des Chiens de chasse, le repérage de M 51 est plus facile à partir des étoiles ζ (zêta) et η (êta) qui forment l'extrémité de la queue de la Grande Ourse. La galaxie forme un triangle rectangle avec ces deux étoiles, Mizar et Alkaïd, et il est possible de la retrouver en se déplaçant de la moitié de leur distance en direction du sud-ouest. Messier 51 est déjà repérable aux jumelles 10×50 sur un fond de ciel bien noir, mais il faut une ouverture d'au-moins 200 mm pour commencer à apprécier sa structure en spirale.

M 63 - NGC 5055 - Galaxie Tournesol

Galaxie - SAbc Dimension : 13,5' × 8,3' Distance : 35 × 106 a.l.
A.D. : 13h 15m 49,31s (J2000) Dec. : +42° 01' 45,6" (J2000) Magnitude : 8,61 ± 0,04
M 63
M 63

La première d'une longue série de découvertes à mettre au compte de Pierre Méchain (1744-1804). La galaxie spirale sera observée par Charles Messier (1730-1817) le 14 juin 1779. Une supernova (SN 1971I) qui atteignit la Glossaire 11,5, observée le 24 mai 1971 dans un de ses innombrables bras spiraux, a permis d'en déduire sa distance.

M 94 - NGC 4736

Galaxie - SAab(r) Dimension : 13,0' × 11,0' Distance : 21 × 106 a.l.
A.D. : 12h 50m 53,11s (J2000) Dec. : +41° 07' 13,3" (J2000) Magnitude : 9,48 ± 1,30
M 94
M 94

Une nouvelle découverte de Pierre Méchain (1744-1804), le 22 mars 1781. Charles Messier (1730-1817) l'observera deux jours plus tard. D'abord prise pour un amas globulaire non-résolu, il faudra attendre les photographies prises en 1912 à l'aide du télescope de 1,5 m du Mont Wilson pour lever définitivement le doute : M 94 est bien une galaxie spirale avec un bulbe très étalé. Elle possède un anneau externe présentant un fort taux de formation d'étoiles probablement dû à une onde de pression qui comprime le gaz vers l'extérieur.

M 106 - NGC 4258

Galaxie - SABbc Dimension : 20,0' × 8,4' Distance : 23 × 106 a.l.
A.D. : 12h 18m 57,59s (J2000) Dec. : +47° 18' 14,2" (J2000) Magnitude : 9,29 ± 1,48
M 106
M 106

Cette galaxie spirale barrée fut observée par Pierre Méchain (1744-1804) en juillet 1781. Il tarda visiblement pour annoncer sa trouvaille à Charles Messier (1730-1817) qui ne put intégrer l'objet à son catalogue, car bien que Connaissance des Temps ne parut qu'en 1784, l'ouvrage était déjà imprimé. Helen Sawyer Hogg (1905-1993) l'ajouta officiellement à la liste en 1947 après la découverte d'une lettre de Méchain, adressée à Johann Bernoulli (1744-1807) et datée du 6 mai 1783, attestant la connaissance de cet objet. Messier 106 est l'une des galaxies les plus « lumineuses » du ciel boréal, son repérage peut cependant se révéler délicat. Une des possibilités pour y parvenir est de pointer dans un premier temps l'étoile 3 CVn, la galaxie se trouve à 1,7° au sud. Avec une ouverture d'au-moins 250 mm, il est également possible d'apercevoir la galaxie NGC 4248 (située aux abords de M 106), de magnitude 12,5, à 12' au nord-ouest de M 106.

Deux supernovæ y ont été observées : 3 novembre 1981 (SN 1981K) à la magnitude 17 et le 19 mai 2014 (SN 2014bc) à la magnitude 14,8, toutes deux de type II. NGC 4258 est classée dans la catégorie des galaxies de Seyfert, elle émet très fortement dans le domaine des ondes radio.