Andromède Andromeda - And
- Observation optimale : Octobre-Novembre
- Zone de visibilité : 90° N / 37° S
- Rang de taille : 19
- Étoile la plus lumineuse : Alpheratz (α)
Andromède est l'une des 48 constellations répertoriées par l'astronome Ptolémée (entre 87 et 100-vers 170) dans son Almageste au IIe siècle et officialisée par l'Union Astronomique Internationale en 1930. Partiellement circumpolaire, il faut la rechercher sous le « W » de Cassiopée et dans le prolongement nord-est du « Carré » de Pégase. L'étoile α Andromedae est l'un des sommets de cet astérisme, il en est d'ailleurs le plus lumineux. Une certaine confusion a même existé sur son appellation puisque Johann Bayer (1572-1625) lui a attribué la lettre δ… dans la constellation de Pégase. Suivant la normalisation adoptée par l'UAI en 1930, la désignation officielle de l'étoile est α Andromedae et son nom propre est Alpheratz. On y repère l'objet le plus lointain visible à l'œil nu : la célèbre galaxie d'Andromède. Distante de 2,2 × 106 années-lumière, elle est accompagnée de deux galaxies satellites visibles seulement à l'aide d'un petit télescope. Dans la mythologie, Andromède était la fille du roi Céphée et de son épouse Cassiopée, on retrouve ainsi ces trois constellations sur la même région de la voûte céleste. Dans d'autres traditions, elle est également appelée la « femme enchaînée ».
Quelques objets intéressants
M 31 - NGC 224 - Galaxie d'Andromède
| Galaxie - SAb | Dimension : 185,0' × 75,0' | Distance : 2,54 × 106 a.l. |
| A.D. : 00h 42m 44,33s (J2000) | Dec. : +41° 16' 08,1" (J2000) | Magnitude : 6,75 ± 3,55 |
Galaxie spirale vue de trois-quarts, c'est le pôle d'attraction de la constellation. L'un des objets les plus proches de notre Galaxie et le plus lointain discernable à l'œil nu. Son observation visuelle prend tout son intérêt avec une simple paire de jumelles, mais seule une photographie en longue pose nous dévoilera sa structure en spirale qui s'étale sur une longueur égale à six pleines lunes. Repérable à l'œil nu, la « nébuleuse » d'Andromède est certainement connue depuis l'Antiquité bien que sa première évocation reste à ce jour celle de l'astronome persan Abd al-Rahman al Sūfi (903-986) qui la répertoria dans son Livre des étoiles fixes en 964 sous l'appellation de « Petit nuage ». Des écrits pouvant se reporter à sa description existent également dans un poème latin de Rufus Festus Avenius (vers 468). Elle fait sa première apparition sur une carte hollandaise en 1500 et sera classée sous le numéro 31 par Charles Messier (1730-1817) en 1764, qui la décrivit comme un fuseau allongé sans étoiles. Entre-temps, Simon Mair (dit Simon Marius, 1573-1625) reporte dans son ouvrage De Mundo Joviali qu'il l'observa en 1612.
C'est William Cranch Bond (1789-1859), en 1847, qui parvient le premier à discerner à l'aide d'un télescope de 38 cm de diamètre les « canaux de Bond ». De nature encore inconnue, ces structures se révéleront être des zones obscurcies par des poussières, caractéristiques fondamentales des galaxies spirales. Le doute sur la non-appartenance de M 31 à notre système galactique ne sera levé par Edwin Hubble (1889-1953) qu'en 1925. Par l'analyse de quelques céphéides, il estima alors sa distance à 750 000 années-lumière. Depuis, une meilleure calibration de ces étoiles pulsantes a permis de tripler cette distance.
La galaxie d'Andromède possède deux galaxies satellites visibles à l'aide d'un petit télescope. Elles sont également répertoriées dans le catalogue Messier : M 32 et M 110. Elle ne se contente pas de ces deux galaxies satellites, elle en possède une troisième que l'on pourrait qualifier de « fantôme ». Les étoiles qui la composent sont si clairsemées que sa présence n'a pu être mise en évidence qu'après la cartographie du mouvement des étoiles de la région de M 31. La galaxie d'Andromède se rapproche de notre Voie lactée à une vitesse de 299 km·s−1. Une supernova y fut découverte le 17 août 1885, elle atteignit la magnitude 5,8. La partie centrale de Messier 31 est déjà repérable à l'œil nu sous la forme d'une tache laiteuse allongée, mais seule la photographie permet d'en admirer la structure spirale.
M 32 - NGC 221
| Galaxie - E2 | Dimension : 11,0' × 7,3' | Distance : 2,5 × 106 a.l. |
| A.D. : 00h 42m 41,79s (J2000) | Dec. : +40° 51' 54,4" (J2000) | Magnitude : 8,13 ± 0,12 |
L'autre galaxie satellite de M 31 est également découverte par Guillaume Le Gentil de La Galaisière (1725-1792) en même temps que M 110, le 20 octobre 1749. De notre position, elle semble posée sur les bras spiraux de Messier 31. Les mesures spectroscopiques ne montrant aucune absorption de sa lumière, il est légitime de penser qu'elle se situe plus proche de notre direction. Cette galaxie naine elliptique, composée de vieilles étoiles, se rapproche de la Voie lactée à raison de 205 km·s−1. Contrairement à Messier 110, aucun amas globulaire n'y a été identifié ; en revanche, quelques nébuleuses planétaires ont été repérées. Visible à 22' au sud du centre de Messier 31, Messier 32 est identifiable sous la forme d'une tache légèrement ovoïde au travers d'un modeste instrument.
M 110 - NGC 205
| Galaxie - E5 pec | Dimension : 19,5' × 12,5' | Distance : 2,71 × 106 a.l. |
| A.D. : 00h 40m 22,10s (J2000) | Dec. : +41° 41' 07,0" (J2000) | Magnitude : 8,15 ± 0,10 |
L'une des deux galaxies satellites de M 31, découverte par Guillaume Le Gentil de La Galaisière (1725-1792) en même temps que M 32. Elle sera retrouvée par Charles Messier (1730-1817) le 10 août 1773, elle est bien présente sur l'un de ses dessins publié en 1807, mais curieusement il ne l'intégra pas à son catalogue. Elle sera découverte indépendamment, dix ans plus tard (le 27 août 1783), par Carolyn Herschel (1750-1848). L'objet fut rajouté à la liste par l'astronome amateur anglais Kenneth Glyn Jones (1915-1995) dans son ouvrage publié en 1968 : Les amas et nébuleuses de Messier. Est-ce pour cette raison que les « puristes » évitent l'appellation M 110 ? Elle est généralement classée comme galaxie sphéroïde naine, huit amas globulaires ont été identifiés dans son halo. En raison de sa dimension apparente, Messier 110 est facilement identifiable à l'aide d'un petit télescope en observant Messier 31.