Scorpion Scorpius - Sco
- Observation optimale : Juin-Juillet
- Zone de visibilité : 44° N / 90° S
- Rang de taille : 33
- Étoile la plus lumineuse : Antarès (α)
Le Scorpion est l'une des 48 constellations déjà répertoriées par l'astronome Ptolémée (entre 87 et 100-vers 170), au deuxième siècle, et officialisée en 1930 par l'Union Astronomique Internationale. Selon la mythologie grecque, il figure l'animal venimeux choisi par la déesse Artémis pour tuer le chasseur Orion. Leur combat s'éternisant, les dieux décidèrent de les séparer en les plaçant à l'opposé sur la voûte céleste. Pour l'hémisphère Nord, le Scorpion est une constellation d'été et Orion une constellation d'hiver. Les Babyloniens appelaient cette constellation « la créature avec une piqûre brûlante ». L'animal s'étant fait couper les pinces, devenues au fil du temps les plateaux de la Balance, il ne coupe plus l'écliptique que sur une bande étroite de 6° (entre le 22 et le 29 novembre).
Quelques objets intéressants
α Scorpii - Antarès
| Étoile double | Séparation : 2,9" | Distance : ≈ 550 a.l. |
| A.D. : 16h 29m 24,46s (J2000) | Dec. : −26° 25' 55,1" (J2000) | Magnitude : 1,10 ± 0,15 et 5,4 |
Son nom courant vient de « anti Ares », soit la « rivale de Mars » en raison d'une couleur et d'un éclat présentant effectivement une certaine similitude avec l'apparence à l'œil nu de cette planète. C'est une supergéante rouge de classe spectrale M1,5 I qui, placée au centre de notre Système solaire, s'étendrait jusqu'à l'orbite de Jupiter. La deuxième composante, de type spectral B2,5 V, est à un peu moins de 3" et se trouve ainsi difficile à observer car « noyée » dans l'éclat de la principale. Comme la plupart des supergéantes évoluées, il y a beaucoup d'incertitudes sur certaines données physiques en raison de la nature ténue des régions les plus externes de l'étoile. Antarès est également une variable pulsante irrégulière et rayonne essentiellement dans le domaine de l'infrarouge. D'après les mesures effectuées par le satellite Hipparcos, le rayon est estimé à 680 R⊙. Proche du plan de l'écliptique, Antares est régulièrement occultée par la Lune. C'est lors de l'un de ces phénomènes, le 13 avril 1819, que fut mis en évidence sa nature double par l'astronome autrichien Johann Tobias Bürg (1766-1884).
M 4 - NGC 6121
| Amas globulaire - IX | Dimension : Ø 26,3' | Distance : 6 500 a.l. |
| A.D. : 16h 23m 35,46s (J2000) | Dec. : −26° 31' 31,3" (J2000) | Magnitude : 5,40 ± 0,10 |
M 4 fut découvert par l'astronome suisse Jean Philippe Loys de Chéseaux (1718-1751) en 1746. Charles Messier (1730-1817) le répertorie dans son catalogue le 8 mai 1764. C'est un amas globulaire — l'un des plus proches — relativement peu dense avec une « barre centrale » formée par un ensemble d'étoiles plus lumineuses. Cette structure fut remarquée pour la première fois par William Herschel (1738-1822), en 1783. En 1987, le premier pulsar observé dans un amas globulaire y fut découvert. Il s'agit d'une étoile à neutrons en rotation très rapide : 100 tours à la seconde. Une perturbation de l'émission de ce pulsar a permis la découverte d'une naine blanche en interaction gravitationnelle, puis la présence d'un troisième compagnon orbitant autour du couple principal, vraisemblablement une géante gazeuse d'une masse égale à 2,5 fois celle de Jupiter. À la limite de la détection à l'œil nu, Messier 4 est facilement repérable à 1,2° à l'ouest de la brillante Antarès. Il faut cependant une ouverture d'au moins 100 mm pour résoudre l'amas et observer la « barre centrale ». Un autre amas globulaire, NGC 6144, est visible à seulement 30' au nord-ouest d'Antares. Il faut impérativement sortir l'étoile du champ de vision pour espérer l'observer (magnitude 10,4). À noter que cette zone est parsemée de nébulosités et de nuages de poussières obscurcissant les amas.
M 6 - NGC 6405 - Amas du Papillon
| Amas ouvert - III 3 r | Dimension : Ø 33' | Distance : 1 500 a.l. |
| A.D. : 17h 40m 19,99s (J2000) | Dec. : −32° 14' 60,0" (J2000) | Magnitude : 4,20 ± 0,10 |
Selon les sources, la primeur de la découverte de cet amas ouvert reviendrait à Jean Philippe Loys de Chéseaux (1718-1751) en 1746. Pour d'autres, il aurait été devancé par Giovanni Battista Hodierna (1597-1660) qui l'aurait observé depuis la Sicile vers 1654. Charles Messier (1730-1817) l'intègrera à son catalogue le 23 mai 1764. Son nom commun, l'amas du Papillon, lui a été attribué par l'astronome américain — grand spécialiste des étoiles doubles — Sherburne Wesley Burnham (1838-1921) pour qui il suggérait l'image d'un « papillon aux ailes déployées ». L'étoile la plus lumineuse de l'amas est la variable semi-régulière BM Scorpi, une supergéante dont la magnitude apparente oscille entre 6,8 et 8,7 sur une période d'environ 850 jours. Messier 6 est vu proche de l'axe du centre galactique dont il n'est séparé que d'un peu plus de 2°. Aux jumelles, la teinte orangée de l'étoile supergéante contraste avec la couleur bleutée des principales composantes de l'amas.
M 7 - NGC 6475
| Amas ouvert - I 3 r | Dimension : Ø 80' | Distance : 820 a.l. |
| A.D. : 17h 53m 50,54s (J2000) | Dec. : −34° 47' 35,0" (J2000) | Magnitude : 3,30 ± 0,10 |
Cet amas ouvert était déjà connu de Ptolémée (entre 87 et 100-vers 170) qui le note dans son catalogue comme « un amas nébuleux à la queue du Scorpion ». Cet objet est ainsi parfois retrouvé sous l'appellation Amas de Ptolémée.
Giovanni Battista Hodierna (1597-1660) l'aurait également repéré en même temps que son homologue précédent (Messier 6) depuis la Sicile vers 1654. Charles Messier (1730-1817) portera son intérêt sur ces deux objets le 23 mai 1764.
S'étalant sur plus d'un degré, l'amas est composé d'une centaine d'étoiles, sa dimension réelle est de 20 années-lumière. Son âge est estimé à 220 millions d'années.
Messier 7 est aisément repérable à l'œil nu sur un ciel bien noir, une simple paire de jumelles permet de le résoudre.
M 80 - NGC 6093
| Amas globulaire - II | Dimension : Ø 8,9' | Distance : 28 000 a.l. |
| A.D. : 16h 17m 02,55s (J2000) | Dec. : −22° 58' 30,0" (J2000) | Magnitude : 7,30 ± 0,10 |
Découvert par Charles Messier (1730-1817) le 4 janvier 1781, cet amas globulaire fut décrit comme : « une nébuleuse ronde avec un centre plus brillant ressemblant au noyau d'une comète ». Bien que les instruments de l'époque ne permettaient pas de résoudre l'amas, des observateurs anglais et allemand découvrirent une étoile au sein de la « nébuleuse » le 21 mai 1860. Il s'agissait en fait de la première nova observée au sein de ce type d'objet, à son maximum elle fut plus brillante que l'ensemble de l'amas qui contient plus de 100 000 étoiles.