Grand chien - Canis Major - CMa
- Observation optimale : Janvier-Février
- Zone de visibilité : 56° N / 90° S
- Rang de taille : 43
- Étoile la plus lumineuse : Sirius (α)
Au fil des récits mythologiques, le chien du chasseur Acteon, qui surprit Diane au bain, s'est transformé en l'un des chiens du chasseur Orion. Cet arrangement sera repris sous l'appellation « Al-Kalb al-Akbar », le Grand Chien, par les astronomes Arabes. Pour les anciennes civilisations, le lever du Grand Chien et de sa brillante étoile Sirius coïncidait avec le début de l'été. Ainsi le Chien (Canis, en latin), associé à l'arrivée des grandes chaleurs, donna naissance à notre mot « canicule ». Dans l'Égypte antique, le lever héliaque de Sirius (ou Sothis, la splendeur) était annonciateur des crues du Nil. Le Grand Chien est l'une des des 48 constellations répertoriées par Ptolémée (entre 87 et 100-vers 170) au IIe siècle, son découpage est officialisé par l'Union Astronomique Internationale en 1930.
Quelques objets intéressants
α Canis Majoris - Sirius
| Étoile double | Séparation : - - | Distance : 8,60 a.l. ± 0,04 |
| A.D. : 06h 45m 08,93s (J2000) | Dec. : −16° 42' 58,0" (J2000) | Magnitude : −1,45 ± 0,10 et 8,5 |
Sirius est l'étoile la plus brillante de tout le ciel, elle est la sixième par ordre de distance au Soleil. Son nom, parfois trouvé sous la forme de Syrius ou Sirion, dérive du mot grec « ardent ». Une première appellation la désignait sous le nom de Canicula (Chien de garde), puis le nom s'étendit à la constellation toute entière. En raison de sa proximité, son mouvement propre, remarqué par Edmund Halley (1656-1742) en 1718, est très important : 1,32" par an, soit le diamètre apparent de la Lune en 1 350 ans. Dès 1844, Friedrich Wilhelm Bessel (1784-1846) remarqua que son déplacement, qui suggère qu'elle appartient au groupe des étoiles de la Grande Ourse, n'est pas rectiligne mais oscille sur une période de 50 ans.
En 1851, appliquant les lois de Newton, Christian August Friedrich Peters (1806-1880) calcula l'orbite de l'objet susceptible d'apporter cette perturbation. Il fut observé pour la première fois le 31 mai 1862 par l'opticien Alvan Graham Clark (1832-1897) alors qu'il testait un nouvel objectif de 47 cm qu'il venait de concevoir. Le compagnon de Sirius (Sirius B) est une naine blanche, le stade ultime de l'évolution d'une étoile de faible masse, d'une densité incroyablement élevée : 100 000 fois celle de l'eau ! La période orbitale étant de 49 ans, 11 mois et 20 jours, il pourra être observé (en prenant soin d'occulter l'éclat de Sirius) à l'aide d'un télescope de 250 à 300 mm vers 2020-2030, l'écart angulaire sera alors supérieur à 11".
La blanche Sirius semble être historiquement une énigme. De nombreux observateurs de l'Antiquité (Horace, Sénèque, Ptolémée…) mentionnaient — dans des termes plus souvent poétiques que réellement scientifiques — un astre décrit comme flamboyant, formule souvent interprétée depuis comme désignant une couleur… rouge ! Aucun modèle d'évolution stellaire ne peut expliquer un changement aussi radical en moins de deux millénaires. L'interprétation d'un tel phénomène aurait pu résider en un rougissement de la lumière de Sirius au travers d'un nuage de poussière interstellaire venu s'intercaler sur notre ligne de visée, un tel assombrissement n'a jamais été signalé. L'explication est de toute évidence bien plus prosaïque : l'ardente Sirius, observée à son lever héliaque alors annonciateur de l'arrivée des fortes chaleurs (son premier nom est à l'origine de notre mot « canicule »), est donc vue basse sur l'horizon et rougie par la diffusion Rayleigh.
M 41 - NGC 2287
| Amas ouvert - II 3 m | Dimension : Ø 38' | Distance : 2 300 a.l. |
| A.D. : 06h 46m 00,02s (J2000) | Dec. : −20° 45' 19,5" (J2000) | Magnitude : 4,50 ± 0,10 |
Charles Messier (1730-1817) répertoria M 41 dans son catalogue le 16 janvier 1765. Il fut déjà observé en 1702 par John Flamsteed (1646-1719), puis en 1749 par Guillaume Le Gentil de La Galaisière (1725-1792). Depuis 1984, date de la découverte de manuscrits originaux ayant appartenu à Giovanni Battista Hodierna (1597-1660), on sait que ce dernier les avait tous devancés avant 1654. Bien que restant assez bas sur l'horizon, même lors de son passage au méridien, M 41 est l'un des objets les plus faciles à repérer, il se situe à 4° au sud de Sirius, la plus brillante étoile de tout le ciel. Au centre de l'amas, une étoile de magnitude 7 montre une coloration orangée, elle est surnommée l'« étoile d'Espin ». Thomas Henry Espinell Compton Espin (1858-1934), un pasteur et astronome amateur anglais, spécialiste des étoiles doubles, s'est également illustré dans le recensement des étoiles carbonées. Celle qui porte son nom est 400 fois plus lumineuse que notre Soleil.
L'étoile la plus brillante de l'amas, vue vers le sud-est est quant à elle située à une distance de 1 100 années-lumière et n'appartient donc pas à M 41. L'âge de l'amas est estimé à 200 000 000 ans.