Le poète latin Marcus Manilius († vers −50), dans son ouvrage Poeticon Astronomicon, faisait référence au navire construit par Argos pour permettre à Jason et ses « argonautes » d'aller à la recherche de la Toison d'Or. Des cartographes anciens se sont inspirés de ce récit pour nommer une vaste zone au sud-est du Grand Chien qui comprenait plus de 800 étoiles visibles à l'œil nu. L'astérisme était alors représenté par une carène, une voile, une poupe et un mât. Les égyptiens y virent l'embarcation ayant transporté Isis et Osiris lors du Déluge.
La tradition chrétienne tenta d'y placer l'Archa Noæ (Arche de Noé), puis Johann Bayer (1572-1625) la repris sous le nom simplifié de l'Arche. En 1752, l'abbé Nicolas-Louis de Lacaille (1713-1762), reprenant l'ancienne représentation, remplaça le mât par une boussole.
En 1877, Benjamin Apthorp Gould (1824-1896) décida le démantèlement du navire en considérant chacune de ses parties comme une constellation à part entière.
Une représentation de l'ancienne constellation du Navire Argo
Nébuleuse
Les premiers astronomes qualifiaient de « nébuleux » tout objet d'aspect flou qu'ils retrouvaient sur la voûte céleste. Observant à l'aide d'instruments optiques peu performants, ils ne pouvaient évidemment résoudre en étoiles les amas stellaires ou galaxies qui tapissent le ciel. Aujourd'hui, ce terme ne désigne plus que les « nuages » de gaz et de poussière interstellaire dont la luminescence est provoquée par l'excitation du rayonnement d'une ou plusieurs étoiles à proximité. Ces associations sont toujours remarquées, c'est le collapsus de ces concentrations de matière sous l'égide de la gravitation qui forme les étoiles.
Les nébuleuses se classent en trois catégories, en fonction du type d'interaction avec le rayonnement reçu : les nébuleuses à émission, les nébuleuses en réflexion et les nébuleuses en absorption.
Nébuleuse en absorption
Lorsqu'un nuage moléculaire froid, et opaque en raison de sa forte densité, vient s'intercaler devant une nébuleuse à émission ou réflexion, il absorbe le rayonnement perçu par l'observateur et se détache en ombre chinoise. On parle alors de nébuleuse en absorption. L'exemple le plus connu est le « cavalier de jeu d'échec » (B 33) qui se détache sur la nébuleuse à émission (IC 434) entourant l'étoile Alnitak de la constellation d'Orion. Elle n'est malheureusement pas discernable avec des moyens « ordinaires ».
La nébuleuse en absorption B 33 (Tête de cheval) se détache sur la nébuleuse à émission IC 434.
Nébuleuse à émission
Distinguable à l'œil nu durant les belles nuits d'hiver, la « Grande nébuleuse d'Orion » (M 42) est l'archétype des nébuleuses à émission. Des jumelles permettent déjà de saisir sa véritable nature : un complexe gazeux ionisé par le rayonnement ultraviolet d'étoiles jeunes et chaudes nichées près de son centre. Ce groupe d'étoiles est visible dans un petit télescope et porte le nom de « Trapèze » en raison de la disposition caractéristique de ses 4 membres les plus lumineux. La nébuleuse est constituée essentiellement d'hydrogène dont l'émission en lumière visible est maximale dans le rouge.
La nébuleuse à émission Messier 42, archétype des nébuleuses à émission
Nébuleuse en réflexion
Elles résultent de la diffusion par les poussières du rayonnement reçu par les étoiles environnantes dont l'énergie est insuffisante pour ioniser le gaz. Seul le rayonnement de courte longueur d'onde (le plus énergétique) peut être diffusé, ce qui explique leur couleur bleue.
Nébuleuses en réflexion autour des étoiles de l'amas des Pléiades
Il peut arriver que des nébuleuses à émission et en réflexion se retrouvent au sein d'un même complexe, comme aux abords de la nébuleuse Trifide (M 20).
Nébuleuse planétaire
Ces nébuleuses, qui prennent leur appellation en raison d'une erreur historique, n'ont aucun lien avec les planètes. Elles sont le stade ultime de l'évolution des astres du type Soleil et préfigurent l'état de notre étoile dans quelques milliards d'années. En fin de vie, ces étoiles passent par le stade de géante rouge et les couches les plus externes sont éjectées par la pression de radiation émise par le noyau. La partie centrale se contracte pour se transformer en une naine blanche très chaude qui excite alors le gaz toujours en expansion.
La nébuleuse planétaire Abell 39 et son étoile centrale dans la constellation d'Hercule
L'archétype de la nébuleuse planétaire est sans conteste la « Nébuleuse annulaire de la Lyre » (M 57). Elle nous apparaît sous la forme d'un « rond de fumée », déjà visible au travers d'un petit télescope, mais il s'agit bien d'une « bulle » en expansion. L'étoile à l'origine de sa formation est visible au centre, mais uniquement par le biais de techniques un peu plus avancées.
sir Newton Isaac (Woolsthorpe, 1643 - Kensington, 1727)
Pour les français, Isaac Newton est né le 4 janvier 1643 au manoir de Woolsthorpe dans le Lincolnshire et décédé le 31 mars 1727 à Kensington. Il est inhumé à l'Abbaye de Westminster. Pour les anglais, qui n'utiliseront le calendrier julien qu'à partir de 1752, ces deux dates sont 25 décembre 1642 et 20 mars 1726. Esprit universel, aussi bon expérimentateur que génial théoricien, Newton peut être tout autant qualifié de mathématicien, physicien que d'astronome. Co-inventeur du calcul différentiel et intégral avec Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716), il est également le créateur du premier télescope qui porte son nom (1671).
Doté d'un caractère « perturbé », certains n'hésitent plus à le qualifier de « névrosé », il fait ses premières études à l'école primaire de Grantham sans grande distinction. En 1661, il entre au Trinity College de Cambridge où il devient professeur en 1669 après une interruption de deux ans en raison de l'épidémie de Grande Peste qui sévit sur la région en 1665-1666.
C'est à cette époque qu'il établit les lois de la gravitation universelle et calcule la force qui retient la Lune sur son orbite. Il démontre, dans ses travaux d'optique, que la lumière blanche est composée de plusieurs couleurs (1669) et en ébauche une théorie corpusculaire. Travailleur acharné et solitaire, il est élu membre de la Royal Society en janvier 1672 et en deviendra le président en 1703, poste qu'il occupera jusqu'à sa mort. Il est anobli par la reine en 1705.
Un cratère lunaire de 79 km de diamètre porte son nom (76,7 °S-16,9 °O), ainsi qu'un cratère martien et l'astéroïde n° 662.
Le télescope construit par Isaac Newton
Nœud
Un des deux points d'intersection de l'orbite d'un astre avec un plan de référence. Ce plan de référence est celui de l'orbite terrestre (écliptique) pour tous les objets gravitant autour du Soleil, le plan équatorial de sa planète pour un satellite (exceptée la Lune qui garde l'écliptique comme plan de référence).
Le passage du sud au nord de ce plan est appelé nœud ascendant, le passage du nord au sud est le nœud descendant. L'intervalle de temps entre 2 passages au nœud ascendant est appelé période draconitique.
La ligne des nœuds est la droite passant par ces deux points. Quand la Lune passe au voisinage de la ligne des nœuds de son orbite on observe les éclipses de Lune et les Glossaire du Soleil.
Nuage de Oort
En 1932, l'astronome estonien Ernst Öpik (1893-1985) émit l'hypothèse selon laquelle une région de l'espace située à la limite externe du Système solaire serait un « réservoir » à comètes. Ces dernières, déstabilisées par des perturbations gravitationnelles, quitteraient leurs orbites pour plonger dans l'espace interplanétaire et se rapprocher du Soleil.
En 1950, l'idée fut reprise de façon indépendante par l'astronome néerlandais Jan Oort (1900-1992) sous la forme d'un vaste ensemble sphérique de planétésimaux situés entre 20 000 et 150 000 unités astronomiques, soit bien au-delà de la Ceinture de Kuiper. Bien que sa présence n'ait pas encore été détectée, son existence est largement admise dans la communauté scientifique. La limite externe du Nuage de Oort formerait la frontière gravitationnelle du Système solaire, entre une et deux années-lumière du Soleil, voire plus du quart de la distance qui nous sépare de Proxima du Centaure, l'étoile la plus proche du Soleil. Il n'est pas exclu qu'il existe un continuum d'objets entre le Nuage de Oort et un nuage similaire entourant le système Alpha du Centaure.
Nutation
Oscillation périodique de faible amplitude se superposant au mouvement de précession de l'axe de rotation terrestre. Il a essentiellement pour origine la dérive de la ligne des nœuds de l'orbite lunaire.
O
Une des 10 classes spectrales dans la typologie définie par l'observatoire de Harvard. Les étoiles de type O sont de couleur bleue avec une température de surface comprise entre 30 000 et 40 000 kelvins. Elles présentent des raies intenses en émission de l'hélium (He II).
Occultation
Pour un observateur terrestre, recouvrement d'un objet céleste par le disque d'un astre. Improprement qualifié d'éclipse, le masquage du disque solaire par celui de la Lune en est l'exemple le plus connu. La Lune occulte régulièrement des étoiles, la mesure temporelle précise de ces phénomènes est importante pour une parfaite connaissance de son orbite. Les planètesJupiter et Saturne occultent également certains de leurs satellites. Le moment de la disparition de l'étoile est appelé immersion, la réapparition est l'émersion.
Octant
L'octant est un instrument de mesure des angles (1/8 de cercle) analogue au sextant (1/6 de cercle). Ces instruments servaient à la navigation en mer en permettant de calculer la position d'un bateau par référence aux étoiles.
Un octant
L'octant est également une constellation australe, elle renferme le pôle céleste Sud. Son sigle est Oct (Octans).
Oie
Ancienne constellation créée par Johannes Hewel (ou Johan Hœvelke, dit Hévélius, 1611-1687), elle sera absorbée par le Petit Renard. L'étoile α (alpha) de cette constellation en conserve d'ailleurs la trace, elle s'appelle Anser (Oie, en latin).
Représentation de l'ancienne constellation de l'Oie… dans la gueule du Petit Renard
Constellation de l'hémisphère sud située entre le Triangle austral et le pôle céleste sud. Son sigle est Aps (Apus).
Olbers Heinrich Wilhelm Matthaus (Arbergen, 1758-Brême, 1840)
Médecin de formation, il est le découvreur des astéroïdes Pallas en 1802 et Vesta en 1807. Heinrich Olbers a également cinq comètes à son actif, dont une périodique en 1815. Mais son nom reste surtout rattaché au « paradoxe de la nuit noire » (ou paradoxe d'Olbers) déjà formulé par Johannes Kepler (1571-1630), Jean Phillippe Loys de Chéseaux (1718-1751), et quelques autres.
En 1826, partant de la simple constatation qu'il fait noir la nuit, Heinrich Olbers relance un vieux débat cosmologique : l'Univers est-il fini ou infini ? Pour le cas d'un Univers infini, hypothèse généralement admise à cette époque, le regard d'un observateur devrait impérativement recouper la surface d'une étoile et recevoir de la lumière dans toutes les directions. Le ciel nocturne devrait alors être aussi lumineux que la surface d'une étoile ; de la même manière, une personne positionnée à l'intérieur d'une immense forêt voit inévitablement son regard arrêté par un tronc d'arbre, il est impossible de voir « au-delà ». Pour Olbers, le simple fait de constater la noirceur de la nuit « prouvait » que l'Univers ne pouvait contenir des étoiles à l'infini.
Un cratère lunaire de 75 km de diamètre lui est dédié (07,4 °N-75,9 °O), ainsi que l'astéroïde n° 1002.
Oort Jan Hendrick (Franeker, 1900-Wassenaar, 1992)
Élève de Jacobus Cornelius Kapteyn (1851-1922), l'un des premiers astronomes à s'être intéressés à la structure de notre Voie lactée, Jan Oort sera le premier à en donner une description correcte. En 1927, il démontre la rotation différentielle de la Galaxie, puis détermine sa formation en spirale (1954) à partir de l'émission radio de son hydrogène neutre (longueur d'onde de 21 cm).
Son nom reste surtout attaché au « Nuage de Oort » dont il prévoit l'existence en 1950. Cette zone, comprise entre 40 000 et 100 000 unités astronomiques, serait le lieu privilégié des comètes. Certaines, sous l'effet de perturbations gravitationnellles d'étoiles proches, s'en écarteraient pour visiter l'intérieur du Système solaire où elles nous deviennent observables.
Son nom a été attribué à l'astéroïde n° 1691.
Opposition d'une planète supérieure
Un corps céleste est dit en opposition lorsqu'il se trouve diamétralement opposé au Soleil, observé depuis la Terre. Le passage à l'opposition d'une planète est la période la plus favorable à son observation. Étant située à l'opposé du Soleil, elle se lève quand le Soleil se couche et reste visible toute la nuit. Les planètes internes (Mercure et Vénus) ne peuvent jamais se trouver en opposition.
Voir aussi : conjonction et élongation
Orbite
Trajectoire, généralement elliptique, décrite par un corps naturel ou artificiel soumis au champ gravitationnel d'un autre corps considéré comme fixe. Dans le Système solaire, les planètes orbitent directement autour de leur étoile : le Soleil ; les satellites orbitent autour de leur planète. Dans le cas d'un système binaire, où les masses en présence deviennent relativement comparables, les étoiles orbitent autour de leur centre de gravité.